Naissance de la brigade « anti-gaspi »

Le 7 février dernier avait lieu la rencontre du groupe local Colibris Paris 15ème. Suite aux premiers essais de réunion en ligne testés l’an passé, le choix avait été fait d’une rencontre en visioconférence, ce qui permettait d’assurer sa tenue quelque soit l’évolution du contexte sanitaire.

Comme a son habitude, la réunion s’est déroulée en plusieurs temps, permettant à chacun – colibris expérimenté ou novice – d’en connaitre un peu plus sur l’association et le groupe local, puis de réfléchir ensemble aux prochaines actions en faveur de notre territoire.

L’association Colibris

Après la traditionnelle introduction sur la mission du Mouvement Colibris, un second temps a été réservé à la présentation de la nouvelle stratégie pour les années à venir : « Expérimenter la transition sur les territoires ». En effet, depuis quelques mois, Colibris axe ses orientations sur l’importance d’accompagner et de soutenir la mise en œuvre des transitions qui se vivent localement. L’occasion d’évoquer la gouvernance de l’association.

Le groupe local Paris 15e

Est ensuite venu le moment de présenter le groupe local, qui fête cette année ses 5 ans !

L’occasion de faire une rétrospective des évènements marquants, actions mémorables et instants clés qui ont construit les Colibris du 15ème. Et vous savez quoi ?… Même en 2020, alors que de nombreuses associations et groupes locaux ont subit de plein fouet la crise sanitaire, le groupe local est resté actif et a su s’adapter !

Comment ? En s’attachant à valoriser les belles initiatives, en coopérant avec les autres acteurs du 15e et en suivant les saisons ! 😉

Consulter le bilan 2020 et les perspectives 2021

Atelier créatif « Passer à l’action Anti-gaspi ! »

Introduction

Avant de se lancer, nous avons pensé qu’il était intéressant d’apporter une clarification des termes :

Le gaspillage alimentaire se définit par “toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à un endroit de la chaîne alimentaire est perdue, jetée, dégradée” (article L541-15-4 du Code de l’environnement).

Les enjeux sont considérables, pour l’environnement, pour l’économie – car in fine c’est le citoyen qui paye le prix de ce gaspillage – et pour la société.

À titre d’exemple, à l’échelle de la France, 1 personne sur 10 a des difficultés à se nourrir

Le point positif dans ce contexte, est apporté par une étude menée par YouGov (société internationale de sondage) pour l’application Too Good To Go (application qui permet de récupérer des invendus auprès de commerces, à prix réduit). Cette étude révèle qu’1 français sur 3 a moins gaspillé de nourriture pendant le confinement, et particulièrement les 35-44 ans.

Un mini-quizz intitulé « Estimation de votre perception du gaspillage » a ensuite été proposé aux participants, afin de prendre conscience de l’importance du sujet, si ce n’est déjà le cas.

Par exemple, nous réalisons que gaspiller 1 litre de lait revient à consommer 800 litres d’eau pour rien… ou encore, nous comprenons que celui qui paye le gaspillage au final, ce ne sont ni l’État ni les grandes surfaces, mais bien les consommateurs et les citoyens.

Vous pouvez également relire l’article publié à ce sujet sur notre site !

Identifier les actions anti-gaspi à lancer

Les premiers échanges entre les participant.es ont permis d’identifier plusieurs envies d’agir : 

  • Mettre à disposition un mode de conservation partagé (ex : frigo solidaire).
  • Renforcer le réseau d’aide alimentaire avec les invendus : identifier et mettre en relation les lieux de récupération d’aliments et les commerces alimentaires afin de soutenir les personnes en situation de vulnérabilité.
  • Sensibiliser aux réflexes anti-gaspi (ex : faire le point sur ses stocks avant d’aller faire les courses, offrir une méthodologie anti-gaspi, travailler les produits abîmés).
  • Faire de la distribution, développer les dons.
  • Développer les sacs à vrac.
  • Participer au développement des composts. Plusieurs propositions ont émergé sur ce thème :
    • développer la récupération des produits alimentaires, notamment sur les places de marché ;
    • redynamiser des initiatives passées, à commencer par les compost. Par exemple : réaménager les anciens compost en veillant à la salubrité publique. Remarque : la mairie de Paris propose déjà un service spécial ;
    • créer une équipe dont le rôle consiste à remuer les compost (cela nécessite de centraliser les demandes).
  • Développer la présence des poubelles marron (généraliser la pratique pour permettre, facilement, aux habitants de jeter leurs déchets).
  • Tisser une toile du territoire afin d’identifier les besoins et les débouchés (nécessité de s’adresser aux décisionnaires).

Globalement, l’attention est portée sur l’importance de mener une action sur le long terme, de « Faire équipe ».

Sélection d’une idée à approfondir

Chaque participant.e s’est ensuite exprimé.e en faveur d’une ou deux actions.

Quatre thèmes sont ainsi ressortis, présentés selon le nombre de voix recueillies (du plus grand au plus petit) :

  • faire de la récupération des invendus auprès des commerçants
  • soutenir le réseau des aides alimentaires avec les invendus
  • faire de la sensibilisation aux réflexes anti-gaspi (ex : comprendre son réfrigérateur)
  • recenser les besoins (jardins partagés, composts)


Au regard de leur objet qui va de pair, il a été collectivement décidé de regrouper les deux premiers sujets afin de lancer une action globale : soutenir le réseau des aides alimentaires grâce à la récupération d’invendus. 

Identification des premiers petits pas

À partir de l’action collectivement choisie un premier objectif a été défini : mettre en lien les acteurs du secteur alimentaire, les commerçants et les banques alimentaires.

Pour ce faire, il apparaît primordial de recenser les acteurs, leurs besoins et leurs capacités d’agir. Par exemple, en allant à la rencontre des commerçants du 15e, cela permettra de cartographier ceux qui sont volontaires pour mettre à disposition des aliments retirés de la vente, la fréquence et la quantité prévisible. 

Des points d’attention ont été formulés :

  • certains magasins ont peut être déjà des filières de distribution des invendus
  • cela peut nécessiter un travail supplémentaire pour les commerçants (quantifier les pertes, manutention), préciser alors que ce n’est pas l’objectif de la démarche et prévoir d’imaginer des solutions
  • le discours doit être clair et cohérent car il s’agit de ne récupérer que des invendus (abîmés, non commercialisables)
  • la logistique doit être prise en compte afin de vérifier la faisabilité du projet (ex : quels sont les moyens de locomotion à disposition pour organiser la collecte) 
  • l’objectif n’est pas de convaincre mais de rassembler: si un magasin n’est pas réceptif, mieux vaut en trouver un autre
  • trouver de bons interlocuteurs afin que le réseau soit pérenne.

D’autres objectifs ont également été relevés pour l’organisation de cette première action :

  • établir un calendrier pour permettre aux commerçants de stocker, d’anticiper
  • prévoir des rendez-vous d’étape et un mode de communication pratique (Signal, Whatsapp, Facebook ?)
  • créer une liste de diffusion
  • le nombre fait la force, cette brigade a vocation à s’agrandir.

Et concrètement ?

Il a été décidé de créer un document commun, partagé entre les membres de la brigade.

Ce support permettra de référencer les établissements receveurs/donateurs, d’identifier les éléments essentiels à aborder lors de la première prise de contact (par exemple les établissements ont-ils déjà des interlocuteurs ? ; présenter les filières de destination), de répertorier les besoins, d’indiquer les établissements ayant accepté ou refusé. Ce document commun a vocation à être agrémenté au fur et à mesure par les membres de la brigade. 

Ce recensement peut se faire individuellement ou par groupe, auprès des commerçants et des centres d’aide alimentaire de son quartier.

Il a été noté de contacter la mairie du 15e afin d’avoir des informations sur des dispositifs existants, des contacts à prendre.

Si vous souhaitez rejoindre cette brigade anti-gaspi du 15e, renforcer l’équipe et le maillage territorial, n’hésitez pas à envoyer un message dans ce sens à l’adresse Colibris Paris 15 ! Des rendez-vous d’étape seront proposés.  

À la fin de l’atelier, les participants ont acté la création de la brigade anti-gaspi du 15e !

Félicitations & merci à tous pour ce beau moment de co-construction ! 

Le Cercle Coeur des Colibris Paris 15e : Caroline, Eugénie, Isabelle et Valérie

Une réflexion au sujet de « Naissance de la brigade « anti-gaspi » »

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